LA MODE, LA MODE, LA MODE...

CONSO, LIVRES

On a beau dire que les entraves lâchent une à une, que la burqa n'est qu'un objet d'identification parmi d'autres, que Jimmy Choo, Sarah Jessica Parker et Vivienne Westwood ont fait davantage pour l'épanouissement de la femme qu'un siècle de féminisme velu...

On a beau dire et on aura beau dire, le superbe 20th Century Fashion de Alison A. Nieder et Jim Heimann, s'arrange quand même pour nous couper le sifflet!

Elle, est Rédactrice en chef de California Apparel News, revue pro dédiée à l’industrie de la sape sur la côte ouest, et bosse depuis 25 ans au cœur de la bête, qu'elle étudie et qu’elle nourrit, véritable Diane Fossey de la jupette. Lui, est anthropologue culturel (en voilà un beau métier!) directeur de collection chez Taschen, pour qui il a signé un paquet de beaux bouquins consacrés à la pop-culture, au design, à l’architecture et à l’histoire de L.A, d'Hollywood ou de la West Coast au sens large.

A eux deux, ils publient donc un de ces pavés branchouilles, une de ces sublimes anthologies un peu vaines et pourtant si riches dont Taschen, le chiquissime éditeur de beaux livres a le secret. Car, en bon dealer de beauté, Taschen a fait de la mode et de « l’american way of life » deux piliers ô combien conciliables de son catalogue. Toujours prompt à dénoncer ses travers, certes, en bons européens consciencieux. Mais tout aussi mystifiée que nous, à la simple évocation de ce territoire magique qui constitue le noyau dur de nos attractions culturelles, la maison d’édition allemande ajoute avec cet ouvrage une pierre de plus à son grand édifice de fascination.

Ce 20th Century Fashion n’est donc ni un ovni, ni une curiosité de librairie. Il entrerait plutôt dans la catégorie des "must have" terme débilisant prisé par les magazines féminins mais caractérisant bien l'esprit de l’indispensable glamour, perdu au milieu des milliers de briques obsolètes dont nous abreuve le monde du livre. Les auteurs ont en effet compilé ici un siècle de mode, de sa fonction première à sa fonction philosophique. Des petites mains anonymes au grands noms du dé à coudre. Des collections privés d'oeuvres d'art à Stella McCartney pour H&M, de la veuve de guerre à la sex toy’s addict, des luxueux salons parisiens aux show rooms Calvin Klein

La mode dans tous ses états, d’un extrème à l’autre, d’une futilité à une autre, de la simple coquetterie aux plus importants enjeux économiques et sociaux, des petites histoires aux grandes sagas, du look Coco au jean taille basse, de la star de cinéma à l’anonyme overlooké… Le tout en texte mais surtout en pubs et autres images à jamais gravées dans le cortex cérébral occidental.


(20th Century Fashion, Taschen, disponible en juillet, 464 pages, 29,99 euros)
Photo : Taschen, D.R.
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FRINGE : NOUVEAU X-FILES ?

TELEVISION

TF1 diffuse mercredi soir l'épisode n°2 de la série Fringe. L'occasion de découvrir la dernière créature de J.J. Abrams, réalisateur-producteur mégalo qui, cette fois-ci, s'est attaqué en toute modestie aux mythiques X-Files.

Son succès lui permet donc tous les blasphèmes. Grâce, notamment, à Cloverfield, sublime film de vacances New-Yorkais à mi-chemin entre le Projet Blair Witch et Godzilla. Grâce aussi à sa série Lost, bordel balnéaire scénarisé au jour le jour par une bande de gamins attardés qui semblaient jouer le sort de leurs personnages à pierre-feuille-ciseau ou à la courte paille. Grâce enfin à son sens aigu du teasing et de la gestion médiatique, voilà J.J. Abrams, petit prodige de l'advertainment et de la promo virale, propulsé au rang d'intouchable du grand barnum hollywoodien.

Et il lui en fallait du talent, de l'amour propre, des capitaux et de l'inconscience pour chercher à se farcir l'agent Mulder, l'agent Scully et leur créateur (autre belle parabole divine) Chris Carter... Car, certes, Fringe n'est à priori rien de plus qu'un X-Files relooké à la sauce 21ème siècle (mais, non, aucun plagiat... Tout de suite les grands mots...). Il convient plutôt d'appeler ça un hommage! Abrams est un geek assumé, un mordu de pop-culture, dont chacune des influences un peu trop voyantes ne sont plus depuis longtemps considérées comme du pompage, mais comme des clins d'oeil, ce qui, avouons-le, semble tout de suite moins condamnable.

"Séance de rattrapage"

Mettons-nous donc d'accord d'emblée, Fringe est une "création originale", avec tout ce que cela implique de noblesse et d'imagination. Pour commencer, rappelons qu'en anglais, le mot "Fringe" peut se traduire par "frontières", au sens scientifique et intellectuel du terme. Frontières de la pensée, frontières de l'imaginaire, frontières de la vérité, aux frontières du réel... Non, toujours aucun rapport avec un certaine série susmentionnée...

Séance de rattrapage : Olivia Dunham, jolie blonde et agent du FBI passionée, se retrouve ce soir-là confrontée à un phénomène aussi répugnant qu'inexplicable. Un vol international en provenance d'Hambourg atterrit miraculeusement sur le tarmac de Boston, avec à son bord un équipage et des passagers mystérieusement réduits en bouillie par une terrible infection bactériologique. Lorsqu'au cours de l'enquête, son partenaire et amant est grièvement blessé, Dunham trouve une aide inattendue auprès de Walter Bishop, savant fou à l'ancienne, brillant et désaxé, et de son fils, Peter Bishop, tout aussi brillant mais beaucoup moins barré que son père. Une aide précieuse qui la conduira tout droit sur les traces d'une machination d'une ampleur encore insoupçonnée (tiens, tiens...).

"... Scepticisme, voire méfiance"

Ceci étant dit, il convient maintenant de remiser au placard la hargne et de rentrer les crocs bien aiguisés du fanatique de Mulder, Scully, et de l'homme à la cigarette, qui voit s'avancer avec lourdeur J.J. Abrams, l'hérétique, et sa floppée de blasphèmes aux lois les plus élémentaires de la série fantastique...

Car Fringe... C'est vachement bien ! Certes, les invraisemblances de Lost, ces frigos bourrés de bouffe qui tombaient à point nommés, ces barbes qui ne poussaient pas, ces infrastructres sortis du néant sur une île aussi déserte que la rue de Rivoli un samedi après-midi, ainsi que tous ces rebondissements à peu près aussi plausibles que s'ils avaient été écrits par un simulateur de chaos... tout cela hérissait au plus au point l'amateur de fictions étudiées un minimum. Ce qui fait que cette première expérience Abramsienne avait de quoi alimenter scepticisme, voire méfiance.

"Précise, pointue, affutée, la nouvelle machine de guerre entraîne tout sur son passage..."

Or, toujours est-il que Fringe est une très bonne surprise. Pour cette série, TF1 avait sorti l'artillerie lourde et, à posteriori, on les comprend. Précise, pointue, affutée, la nouvelle machine de guerre entraîne presque tout sur son passage. L'accroche est immédiate, le scénario peaufiné au millimètre, l'intrigue à tiroir ou les trouvailles visuelles anéantissent très vite les à priori négatifs. Aucun mysticisme, le paranormal n'est issu, ici, que de facteurs purement humains. La science et la médecine en trame de fond, là encore, J.J. Abrams n'est pas passé à côté d'un autre phénomène commercial, Docteur House. Grand mix auquel s'ajoute un dernier ingrédient, FBI, portés disparus, et ses décors très "Massachussets", bétonnés et pluvieux, qui nous éloignent encore un peu plus des forêts angoissantes et des patelins inquiétants qui jalonnèrent les 10 saisons de X-Files.

Alors, pour faire simple, on regrettera inévitablement l'absence totale d'humour, le charisme de gastéropode de l'agent Olivia Dunham, ou encore cette obsession pénible et récurrente pour les méchantes multinationales et autres conspirations fédérales... Mais de ces quelques réserves, ne reste rien de bien rédhibitoire. Car "sacré non d'un David Duchovny", Fringe, c'est quand même autre chose que Grey's Anatomy !

(Fringe, saison 1. Le mercredi soir à 23 h 10, sur TF1)
Photo : Affiche Fringe. Fox D.R.
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THANK YOU FOR SMOKING

CONSO, GALERIES, WEB

Le Smoking est un site dangereux et ce n'est pas moi qui le dis. Une véritable ode à la brune, à la blonde, au barreau de chaise et à la pipe. Un hommage à la fumette élégante et à l'esthétique nicotinique.

Voici donc ce que l'on peut lire en arrivant sur la page d'accueil du Smoking : "Certains lecteurs de ce blog ont contacté Google car ils pensent que le contenu de ce blog est inacceptable." Google vous adresse ici un avertissement clair et motivé. Ce site ayant été jugé inacceptable, vous voilà donc sommé de faire votre choix...

... Y pénétrer, à vos risques et périls, quitte à vous exposer à un contenu qui, au vu de la gravité du message, pourrait tout aussi bien présenter des images à caractère pédopornographiques que des scènes de torture sur bébés phoques. Ou bien passer votre chemin, en bon citoyen 2.0, attentif aux pressions en tous genres que font peser les détraqués du web sur les cliqueurs influençables.

"Sous les auspices accueillants d'un cendrier débordant"

En défricheur, en internaute courageux, en bon galopin que vous êtes, gageons que vous passez outre ce message sentencieux et que vous ne le regrettez pas trop durant les quelques microsecondes qui vous séparent de la bouche de l'Enfer (le bas-débit avait ceci de formidable, qu'il rendait possible, le temps d'accèder à une page, de se faire un café tout en se demandant s'il ne valait pas mieux reculer).

Première nouvelle, les bébé phoques vont bien, du moins au sein du microcosme New-yorkais qui a vu naître et prospérer le Smoking. Sous vos yeux, un graphisme sobre, une bannière chic, et un enchevêtrement de photographies, tantôt arty tantôt dandy, asphixiés sous une épais nuage de fumée. Le Smoking, ce n'est rien d'autre que ça et c'est déjà pas mal : Un book lêché, recueil de pages de magazines, de clichés anonymes d'anonymes, de peoples, de photographes célèbres, de gens beaux et malades, tous ensembles réunis sous les auspices accueillants d'un cendrier débordant de mégots mal éteints.

"Vous iriez jusqu'à vous croire dans la série Mad Men, costumes Brooks Brothers et gomina en moins."

Le Smoking
se fout pas mal de la loi Evin, des tabacologues, des patchs, des cigarettes électroniques et autres conseils d'amis vous suggérant "Stop the clope!". Il vous réconcilie avec vos toux matinales, vos premières lattes crapotées et votre haleine de yéti. Il vous rappelle aussi qu'une femme qui fume, ce n'est pas si laid. D'ailleurs, il vous donnerai même envie de vous offrir un Zippo et un fume-cigarette à l'ancienne mode, histoire de bouter hors de votre vie, doigts jaunes et mains puantes. Pipe, cigare, gauloise ou malbak, tous ensemble vers un seul et même destin : La cancer-attitude.

Alors, certes, vous n'êtes peut-être pas aussi sexy qu'Eva Green ou Louis Garrel, mais au moins vous ne vous trimballez pas dans la rue avec un moulin à vent à la place de la Lucky Strike. Vous assumez votre tabagisme actif et vous rechigniez moins à lâcher les 5 euros de votre prochain paquet. Vous iriez même jusqu'à vous croire dans la série Mad Men, costumes Brooks Brothers et gomina en moins.

A l'inverse, peut-être avez vous déjà décroché, largué les amarres de ce site fumeux, car de votre propre avis, "le Smoking, ça pue!" Et c'est vrai que ça pue, mais quand même moins que chez vous dans les années 80... Et puis de toute façon, qu'importe, au final, le verdict vous revient : Chocking/No chocking ?

(Le Smoking : http://lesmokingimage.blogspot.com)
Photo : Le Smoking, D.R.
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